Bénin: Lycée technique d’Akassato,Un centre d’excellence aux moyens limités
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Bénin: Lycée d’Akassato, un centre d’excellence aux moyens limités

À 21 kilomètres au nord de Cotonou, est érigé dans la Commune d’Abomey-Calavi, le Lycée Technique d’Amitié Sino-béninoise d’Akassato opérationnel depuis, le 21 octobre 2014. La promotion de l’excellence au sein de ce joyau, fruit de la coopération entre l’État béninois et la République populaire de la Chine est confrontée à l’insuffisance des moyens.

Par Anicet TIDJO

Isolé dans les artères d’Akassato, le Lycée Technique d’Amitié Sino-Béninoise à première vue, reflète l’excellence et le confort. D’une capacité de 600 apprenants pensionnaires, ledit lycée devrait donner des formations dans neuf spécialités dont l’initiation à la formation en informatique, l’électrotechnique (la F3), l’électronique (la   F2), le génie civil bâtiment, la mécanique auto, l’Hôtellerie- Restauration, la filière co-couture pour former des modélistes…. Au titre de l’année scolaire 2015-2016 qui s’est achevée au mois de juillet, 161 lycéens tous sexes confondus constituent la première véritable promotion et ont reçu des formations dans cinq spécialités avec 20 % de théorie et 80 % de pratique, partant de la classe de seconde pour le baccalauréat professionnel. L’accès aux formations du lycée est subordonné à un concours pour les boursiers et à une étude de dossier pour les apprenants à titre payant.

 

À l’origine de la création du lycée d’Akassato, le régime défunt s’est fait le devoir de corriger le déséquilibre entre l’enseignement secondaire général qui compte aujourd’hui 850 établissements publics et l’enseignement technique qui ne dispose que de 33 lycées techniques et professionnels. Aussi, le régime Yayi entendait-il réconforter l’auto emploi pour limiter le nombre de chômeurs au Bénin. La mise en place dudit lycée a été un succès avec l’aide de la République populaire de Chine. Cependant, nos gouvernants n’ont pas rempli leur part du contrat. Approché, le proviseur fait savoir qu’aucun atelier n’est véritablement équipé afin de donner une formation pratique digne de noms. Or, ces lycéens ont du chemin puisque la perfection, c’est sur le terrain et qu’ils pourraient continuer leurs études supérieures.

 

Appel du proviseur, Nassara Augustin

« J’exhorte les parents à être à l’écoute de leurs enfants ! Aussi, il faut qu’ils les observent beaucoup afin de ne pas prendre des décisions à leurs places. L’enfant, avant d’être engagé dans une formation, qu’il soit un peu passionné de la chose. S’il n’aime pas sa formation, il va beau avoir les diplômes, mais va rejoindre le rang des chômeurs. Celui qui aime trouve toujours à faire !

Je demande à l’État d’être un peu regardant des difficultés qu’on a au lycée. Ce lycée a besoin d’un peu plus d’attention de l’État central. Nous avons un beau bâtiment, mais cela ne suffit pas pour donner une formation de qualité. On a besoin des matériels de pointe, des enseignants bien formés pour donner une formation de qualité. C’est ce qu’il faut pour former des cadres recherchés sur le marché de l’emploi. Sinon, ils vont se confondre à la grande masse. La volonté du président Yayi est de faire de ce lycée un pôle d’excellence, mais on ne peut pas avoir l’excellence dans la précarité.

En conséquence, nous avons besoin des équipements. Nous envisageons aussi faire connaître le lycée aux citoyens. Nous faisons des prestations ici. Par exemple, on peut coudre en série et également confectionner des vêtements sur mesure pour nos usagers. Nos couturiers sont formés pour cela.

À l’État tout comme aux parents, je leur demande de ne pas lésiner sur les moyens. On parle d’éducation et on ne pas évaluer le coût. Donner des moyens, c’est faire un pas vers le développement. On ne peut pas parler de développement sans prendre en compte, l’aspect anthropologie, c’est-à-dire l’homme est le premier facteur de développement ».

 TAC

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