L’OECCA-Bénin révèle des scandales sans proclamation ostentatoire, selon le Président Cosme Goundété
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L’OECCA-Bénin révèle des scandales sans proclamation ostentatoire, selon le Président Cosme Goundété

Evoquant la révélation des faits délictueux les obligeant à saisir le procureur de la République sans dépendre des gouvernements, de l’Administration, ni des entreprises, le président Cosme Goundété de l’Ordre des Experts Comptables et Comptables Agréés du Bénin (OECCA-Bénin) a soutenu mardi qu’une série de scandales poursuivis et sanctionnés relèvent de l’initiative de l’Ordre sans proclamation ostentatoire ! Le promoteur du cabinet Canal Audit a aussi parlé de la Fédération Régionale des Experts Comptables de l’UEMOA dont il conduit également les destinéset prodigué des conseils aux aspirants au métier d’expertise comptable, dans un entretien avec NEWS AFRIKA.

 

NEWS AFRIKA : Comment présentez-vous l’Ordre des Experts Comptables et Comptables Agréés du Bénin ainsi que ses missions et son utilité à nos lecteurs ?

Cosme Goundété : L’OECCA-Bénin est le regroupement des professionnels libéraux de la comptabilité et de l’audit. C’est une Institution publique nationale créée par une loi communautaire : la loi  n°2004-03 du 27 avril 2006 qui a internalisé la directive de l’UEMOA, N°02-97 du 28 septembre 1997. L’Ordre regroupe donc les professionnels de la comptabilité et de l’audit qui exercent à titre libéral. Il y a des auditeurs en entreprise ainsi que des comptables en entreprise qui ne sont pas membres de l’Ordre. Quand vous êtes salariés d’une institution, d’une entité, d’une entreprise, vous n’êtes pas autorisé à vous inscrire.

Nous avons pour mission essentiellement, d’organiser la comptabilité des entreprises, de contrôler leurs comptes et leur gestion et de les accompagner dans leur installation, dans leur démarrage et dans leur développement. Nous sommes donc les partenaires des entreprises, mais aussi des autres entités : l’Administration publique, les collectivités locales, les ONG etles projets de développement que nous accompagnons par différentes prestations dont certaines relèvent du monopole conféré par la loi et les autres du marché ouvert.

La loi nous donne en effet le monopole surl’organisation, la tenue et la surveillance à titre externe des comptabilités des entreprises et des autres entités,ainsi que sur le contrôle indépendant des comptes qu’on appelle audit financier et sur le commissariat aux apports.L’audit financier peut êtrecontractuel,c’est-à-dire librement convenu entre les parties, ou légal,c’est-à-dire imposé par la loi. Dans ce dernier cas, il prend l’appellation decommissariat aux comptes. Le commissariat aux apports est requis lors de la constitution d’une société ou de l’augmentation du capital d’une société par voie d’apports en nature.Nul ne peut, sans être inscrit à l’OECCA-BENIN et sans accord de réciprocité avec son Ordre d’inscription à l’étranger, exercer à titre libéral ces activités au Bénin. L’exercice illégal des professions d’expert-comptable et de comptable agréé est frappé par la loi de peines pécuniaires et de peines de privation de liberté.

Hors du monopole, il y a des prestations que nous délivrons et qui ne sont pas réservéesà notre corporation seule. Il y a d’autres consultants, spécialistes d’autres domaines, qui partagent ces prestations avec nous. C’est le cas par exemple de l’assistance fiscale, sociale et juridique, de l’élaboration du business plan, du diagnostic financier, des tableaux de bord, de l’ingénierie financière et de la digitalisation, pour ne citer que ceux-là. Nous sommes en mesure de vous élaborer une feuille de route lorsque vous voulez monter une affaire et de la formaliser dans un document qu’on appelle plan d’affaire. Nous pouvons également vous aider à bien gérer vos performances, à sécuriser votre patrimoine, à assurer un développement harmonieux à votre entreprise. Nous vous évitons, entre autres, les risques d’amendes et de pénalités que vous encourez si vous êtes en défaillance au niveau de l’administration fiscale et de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, CNSS,et les risques de disparition précoce auxquels votre entreprise est exposée si elleest mal planifiée, mal organisée ou mal pilotée.Nous assurons le sauvetage d’entreprises en difficultés et la gestion des procédures collectives qui permettent de régler la situation des entreprises qui ne peuvent plus poursuivre leurs activités, etc

L’Ordre des Experts Comptables est donc un partenaire important du monde des affaires, mais également de l’administration publique, des pouvoirs publics et des bailleurs de fonds qu’on appelle Partenaires Techniques et Financiers.

A chaque fin d’année, nous élaborons pour les entreprises et autres entités ce que vous connaissez sous l’appellation courante de bilan et que nous désignons par états financiers en langage technique. C’est le résumé en chiffres essentiellement financiers de toutes les activités effectuées par l’entreprise ou l’entité durant une année. La production et le contrôle par nous de cette « information financière » constitue la base essentielle des taxations et des impositions au niveau de l’Administration fiscale. Pour lever les impôts, le fisc a besoin de ces informations, de ces chiffres. Et quand ceux-ci sont de bonne qualité, c’est clair que vous avez une assiette de bonne qualité au niveau de l’administration fiscale et des impôts de bonne facture. De la même manière, au niveau des institutions d’élaboration des agrégats macroéconomiques, prenez par exemple l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse  Economique (INSAE), pour élaborer les agrégats macroéconomiques et les communiquer au gouvernement en vue des décisions de politique économique, il faut partir d’une base. Cette base est essentiellement alimentée par les chiffres que nous produisons. Par ailleurs, nos Cabinets sont des entreprises. Nous sommes donc des employeurs qui produisent et distribuent des revenus et qui concourent à la résorption du chômage. Par nos différentes interventions auprès des entreprises et des autres acteurs économiques, nous suscitonsla bonne gouvernance aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public etfavorisonsl’investissement privé à travers l’instauration d’un bon climat des affaires.

La réduction de notre rôle et de notre utilité à la sphère comptable et financière est donc assez réductrice. Nous sommes des acteurs économiques transversaux et des parties prenantes aussi bien à la gouvernance des entités qu’au développement économique et social.

 

Sous quel signe placez-vous cette 5ème mandature au niveau de l’OECCA-BENIN ?

Sous le signe de la confraternité renforcée et de la consolidation de nos apports à l’économie nationale. Ce que nous apportons aux entreprises, aux ONG, aux projets, à l’Administration fiscale, à l’Administration dans sa globalité, nous espérons le conforter au cours de cette mandature qui vient de commencer et qui va durer 3 ans, donc jusqu’en 2021. Il faut aussi renforcer la confraternité en notre sein parce qu’il y a eu parfois des frictions entre confrères que nous avons eu à gérer. C’est vrai que ça s’évacue maintenant, mais nous souhaitons arriver à un risque zéro pour cette mandature.

 

On a constaté une avalanche d’évènements à l’actif de l’OECCA-Bénin ces derniers jours ! Pourriez-vous nous les rappeler brièvement ?

Nous avons lancé la 5ème mandature, le 29 août dernier, lancement qu’on a couplé avec celui du 2ème Congrès régional des experts comptables de l’UEMOA qui aura lieu à Dakar les 20 et 21 septembre prochains. Après le lancement de la mandature, nous avons fait l’envol des organes de l’Ordre avec cette mandature. C’était le monitoring d’immersion que nous avons organisé le vendredi 7 septembre à l’hôtel GolgenTulip à Cotonou pour mettre les organes proprement dans le bain de la mandature et leur faire prendre en charge, le plan d’action que nous nous sommes donnés afin de réussir cette mandature.

Globalement, nous nous sommes donnés une feuille de route en sept contrats d’objectifs. Il y a quatre contrats de consolidation et trois contrats de développement. Consolidation des acquis du monopole, consolidation de la gouvernance de l’Ordre, consolidation de la confraternité, mais aussi consolidation de la notoriété nationale et internationale de l’Ordre.

Pour les contrats de développement, il y a le développement dans le monopole, le développement des activités hors du monopole, mais également la contribution au développement économique au niveau national et au niveau international. Ce sont des macro-objectifs que nous nous sommes donnés et qui ont été déclinés en activités complètes et réparties puis attribuées aux commissions et au Conseil de l’Ordre qui ont la charge de porter des pans entiers de ce plan d’action pour faire réussir globalement la mandature. Le Conseil est au pilotage et doit coordonner les activités des commissions, mais constitue également l’interface avec les tiers, avec l’administration, avec les organes qui nous représentent au niveau international, pour apporter la contribution de l’ordre au développement économique.

 

Un mot sur l’orientation des nouveaux bacheliers…

Ils sont aux portes des universités. Ils ont parfois l’embarras de choix. Certains voient le métier de médecin, la profession d’avocat, la profession d’architecte comme étant des possibilités, mais ils ont du mal à s’orienter. Ne dites pas que nous prêchons pour notre paroisse, mais nous pouvons les assurer qu’à notre connaissance, la profession d’expert-comptableestle seul cursus qui garantit l’emploi au niveau Licence. c’est le cursus où on n’a pas de chômeur après la licence. Ce n’est pas seulement au Bénin ; au niveau international, vous ne verrez pas deslicenciers en expertise comptable au chômage. Avec la licence de comptabilité, la licence de finance, la licence d’audit, le chômage règne encore. Mais en expertise comptable, non.

Nous avons une plaquette en cours de diffusion dans les librairies qu’on a dénommée« Tableau 2018, cursus et carrières de l’expertise comptable ». Nous y avons fait un petit travail d’identification des débouchés par pallier. Au pallier licence, nous avons identifié une quinzaine de débouchés, au pallier master (Bac+5), une trentaine, et au pallier diplôme d’expert-comptable (Bac+8), une soixantaine. Ça double à chaque pallier. C’est une invitation que je veux adresser à tous les nouveaux bacheliers et mêmes aux plus anciens en les rassurant que tous les Bac mènent à l’expertise comptable. Il n’y a pas de Bac privilégié. Le Bac G2 est à prédominance comptabilité, finance et économie d’entreprise, mais il n’est pas privilégié. Tous les Bac sont égaux au moment où vous démarrez le cursus.

Celui qui fait le Bac G2 et qui est très bien en comptabilité, en mathématique financière, en économie d’entreprise et qui néglige la mathématique générale, le français et l’anglais, ne sera jamais expert-comptable. Celui qui, avec le Bac C, est très à l’aise en mathématiques et en sciences physiques et qui compense le français et la philosophie ne sera pas expert-comptable. Celui qui a fait le Bac A et qui est très bien en Français et en philosophie, mais qui prend les mathématiques pour une bête noire, ne sera pas non plus expert-comptable ! L’expert-comptable, c’est quelqu’un qui est très équilibré ; c’est l’exigence du cursus ! C’est pour cette raison que c’est un cursus Bac + 8,  LMD –licence, master et le diplôme d’expert comptable. Au moment de se lancer, il faut donc évaluer ses capacités pour voir, si on a l’équilibre suffisant pour ce cursus. Les mentions “passables“ au Bac, on ne leur recommande pas trop de s’essayer ! Ils peuvent faire la licence en cinq ans, ça ne gène pas, ça leur garantit l’emploi. Mais le niveau d’exigence intellectuelle du cursus est tel que le minimum requis et non écrit, c’est la mention “assez-bien“ avec un équilibre suffisant dans toutes les disciplines de la série quel que soit le Bac que vous avez obtenu.

Les aspirants à l’expertise comptable se lancent, mais le taux d’achèvement aujourd’hui au niveau du cursus n’a pas encore atteint 5% ! Sur 100 étudiants mention “assezbien“ au moinsau Bac qui se lancent pour devenir experts comptables au bout de huit ans, ils n’atteignent pas 5 au bout de 8 à 12 ans. C’est pour cela quele cursus est décomposé en diplômes intermédiaires qui permettent à ceux qui atteignent un certain niveau de pouvoir avoir leur débouché et devivre tranquillement. Les portes de l’expertise comptable sont ouvertes ; il y a des écoles au niveau national qu’on a listées dans la plaquette et il y a d’autres au niveau international également listées que vous pouvez fréquenter sans y être physiquement. Quand vous êtes expert-comptable et que vous créez votre cabinet, vous avez la possibilité d’exercer au Bénin, dans tout l’espace UEMOA et à l’international. Nous avons une implantation plurielle ; il y a des membres de l’Ordre du Bénin qui sont également membres de l’Ordre de la France, de l’Ordre du Canada et autres

 

Est-ce qu’on peut exercer la profession d’expert-comptable sans être membre de l’Ordre ?

Ce n’est pas possible, c’est de l’exercice illégal ! C’est sanctionné pénalement, vous encourez des peines de prison. C’est pourquoi nous faisons des actions d’envergure nationale pour décourager l’exercice illégal. Il y a eu en 2016 et 2017, une opération que nous avons dénommé “Halte à l’exercice illégal de la profession d’expert-comptable“. Nous avons identifié un certain nombre de cas d’illégalité et les actions sont en cours pour engager des poursuites à l’encontre des illégaux identifiés, et ce sont des sanctions pénales qui attendent les concernés. Nul ne peut exercer au Bénin la profession d’expert-comptable ou de comptable agréé à titre libéral sans être inscritau Tableau l’OECCA-Bénin ou sans bénéficier d’un accord de réciprocité si c’est un non-Béninois.

 

En votre qualité de président, pourriez-vous nous rassurer de ce que les experts comptables de nos jours incarnent réellement la devise de l’Ordre : « Compétence, Indépendance, Conscience » ?

Compétence : c’est clair, Bac+8 et taux de réussite limité à 5%, on ne peut pas être nul. C’est impossible d’avoir un expert comptable nul et c’est pourquoi quand on sort avec un tel diplôme, on a une soixantaine de choix à sa portée ! C’est la raison pour laquelle, nous n’aimons pas rester dans l’Administration. Les salaires qu’on nous paye, ce n’est pas évident qu’ils nous retiennent là-bas.

Indépendance : Non seulement, nous l’avons de par la loi, mais nous l’avons aussi de par l’éthique et la déontologie et de par tous les textes qui encadrent notre indépendance. Ethique et déontologie pour dire que nous avons une discipline normative, une discipline éthique si forte que notre indépendance ne doit jamais être ébranlée. Quand nous disons non, c’est non et quand nous disons oui, nous le maintenons. Il n’y a aucune possibilité d’exercer une pression sur nous pour que nous puissions céder. C’est pour cela qu’au niveau de l’OHADA on a consacré notre indépendance dans un acte uniforme et dans un règlement qui sont des lois supranationales. L’acte uniforme date de 1998 et a édicté très clairement l’inamovibilité du commissaire aux comptes dans l’exercice de son mandat. Nous avons un mandat de trois ans auprès des sociétés à responsabilité limité et de six ans  auprès des sociétés anonymes. Mais ce n’est pas parce que nous avons déclaré des comptes non conformes à la législation en vigueur ou des comptes de mauvaise qualité et que nous refusons de les certifier, que celui qui nous a nommé ou mandaté est en mesure d’interrompre notre mandat. Il a le pouvoir de nomination, mais n’a pas le pouvoir de dégommage. Même les gouvernements n’ont pas ce pouvoir. Ils peuvent nous nommer par décret dans une société d’Etat, mais ne peuvent pas nous dégommer comme les fonctionnaires ou les DG des entreprises publiques. Cela nous met dans une position d’indépendance suffisamment forte pour dire la vérité et la maintenir quel que soit le contexte.

En ce qui concerne la conscience, elle va avec l’indépendance et tout le confort qui nous est donné à travers cette indépendance. Avoir la conscienceque ce que nous faisons est un apport de vieet bien faire son travail. La conscience que le succès de l’entreprise dépend de nous. La conscience de ce que nous apportons à l’économie à travers les contrôles que nous faisons dans les sociétés d’Etat et dans les entreprises privées. La partition que nous prenons dans la gouvernance du secteur privé et du secteur public. Avoir la conscience que c’est une valeur ajoutée à l’économie nationale et que celacontribueau développement du Bénin. Notre rôle d’apport au développement, nous en avons si fortement conscience que nous allons au-delà de ce qui est courant pour aller faire des propositions au gouvernement. Nous avions par exemple proposé le commissariat à la gouvernance qui nous permet d’avoir au niveau du corps de contrôle, deux compartiments :un compartiment « commissariat aux comptes » où nous intervenons a posteriori, donc en aval, pour vérifier la qualité des comptes et de l’organisation, et un compartiment « commissariat à la gouvernance », lequel serait positionnéen amont pour intervenir dans la vie courante de l’institution, dans la vie de l’entreprise, et qui permettrait même de participer aux dépouillements des appels d’offres pour s’assurer que les choix qu’on est entrain de faire ne sont pas des choix factices, que ce ne sont pas des gréàgré qu’on est entrain de déguiser en appels à concurrence, alors même que les acteurs qu’on met en concurrence se connaissent tous et sont plutôt dans une certaine entente.

 

Avez-vous la certitude de ce que le régime Talon prendrait en considération les démarches de l’Ordre ?

Ce que je viens de dire a commencé. Nous allons encourager le gouvernement à continuer. Avant, quand nous déposions nos rapports avec nos ordonnances, c’est-à-dire les blocs de recommandations qu’ils contiennent, nous étions très peu écoutés, mais aujourd’hui nous sommes mieux écoutés. Le médecin, quand il finit son diagnostic  et qu’il prescrit l’ordonnance, ce n’est pas lui qui achète les médicaments et qui met en application la posologie. Cela veut dire que quand nous allons dans une entreprise et que nous faisons la revue de la mise en œuvre des recommandations antérieures et que nous nous rendons compte qu’à peine 10 % de nos recommandations ont été suivies, c’est difficile d’aller au-delà quand on n’est pas écouté. Quand vous avez une puissance publique qui a une meilleure présence sur ces faits-là, et qui met la pression afin que les commissaires aux comptes soient écoutés, on ne peut que reconnaître la chose et dire que nous avons une meilleure écoute. C’est le cas actuellement, et il y a ce qu’on appelle révélation des faits délictueux qui ne dépend pas des gouvernements, de l’administration, ni des entreprises. Quand nous avons connaissance de quelque chose qui peut couver un délit, la loi nous fait obligation de le révéler au procureur de la République, ce que nous faisons sans passer par un dirigeant d’entreprise ou une autorité publique. C’est pour cela que vous avez une série de scandales poursuivis et sanctionnés aujourd’hui, notamment les scandales dans le secteur de l’eau et les scandales dans les secteurs du coton et de la microfinance. C’est essentiellement de notre Ordre que cela provient, mais nous ne faisons pas de publicité autour. Nous ne clamons pas, nous ne faisons pas de proclamation ostentatoire, car nous n’avons fait que notre travail le plus naturellement possible.

 

Comment arrivez-vous à vous démultiplier pour assurer vos responsabilités à la tête de Canal Audit, de l’OECCA-Bénin et de la Fédération Régionale des Experts Comptables de l’UEMOA ?

Cela relève aussi de notre formation. Tout est question de vision, de stratégie, d’organisation et de gestion d’équipes. Je gère mon cabinet, l’Ordre et la Fédération des Ordres des huit Etats membres de l’UEMOA, parce que à tous les niveaux, j’ai des équipes que j’organise, mais il y a un travail en amont que je ne peux pas déléguer. Ce travail, c’est d’anticiper ce que doit être la marche de mon entité, de l’ordre ou de la fédération et donner les implulsionsqu’il faut à tous les niveaux. Donner aux équipes les grandes lignes de ce qu’elles doivent faire et m’assurer de ce qu’elles sont entrain de faire. C’est cela qui fait que depuis trois ans que je dirige l’Ordre, mon cabinet n’en a pas souffert.C’est de là que je tire mon gagne-pain, ma fonction à la tête de l’Ordre étant bénévole.

Il s’agit donc de concevoir un plan stratégique et de distribuer les rôles en tant que chef d’orchestre pour que la symphonie soit belle à entendre et que chacun puisse jouer sa partition. Il en est ainsi au niveau du cabinet, de l’Ordre et de la fédération. Je n’ai pas 30 heures dans la journée, j’ai 24 heures comme tout le monde et je travaille 8 h à 10 h par jour, mais la structuration de ce temps de travail me permet de piloter tout cet ensemble sans défaillir.

 

On note déjà plusieurs titres à votre actif, mais au-delà de cet aspect, avez-vous une ambition professionnelle personnelle ?

Ambition personnelle, c’est ce que j’ai depuis toujours. J’étais dans l’Administration publique. J’avais toujours dit que je ne ferai pas carrière dans l’Administration. J’ai fait six ans là-bas. J’étais au cabinet du ministre des finances. J’ai commencé ma carrière à la présidence de la République en tant qu’assistant d’un conseiller. Mais, je suis parti parce que je veux être libéral.Je veux produire des résultats que moi-même je me donne et dans des environnements qui se donnent à moi, et avoir la capacité de performer le métier que j’ai choisi. L’expert-comptable, c’est cela, produire du succès et semer la contagion du succès. Nous créons la richesse que nous répartissons. Nous faisons en sorte que ceux qui sont avec nous aient au minimum 9 chances 10 de réussir leurs affaires. Mon ambition, c’est donc de réussir cette mission que je me suis donné et d’en vivre décemment.

 

Un mot à l’endroit de vos confères de l’UEMOA

Nous avons envie de faire de l’OECCA-BENINun Ordre cinq étoiles. Que l’ambition fédérale soit la même, une fédération cinq étoiles ! Que nous puissions, d’ici quelques années dire que nous avons apporté à l’économie sous régionale, une valeur ajoutée significative comme nous envisageons de le faire au Bénin. Nos apports à l’économie se lisent à travers notre participation à la gouvernance dans le secteur privé et dans le secteur public, mais également à travers la contagion du succès que nous apportons aux entreprises pour leur éviter l’hécatombe que nous déplorons. Les entreprises meurent  en chaîne, c’est une véritable épidémie, c’est une pandémie à la limite. Car, sur dix entreprises qu’oncrée, neuf échouent avant l’âge de dix ans. Celles qui restent et qui passent le cap des dix ans, c’est le reliquat que nous avons. Tant que ce reliquat ne deviendra pas le double, le triple ou le quadruple, nous allons ambitionner le développement, mais il viendra difficilement parce que ce sont les entreprises qui portent le développement.

A l’attention des confrères de la sous-région, je dirai« soyez conscients de votre apport au développement économique ». Nous sommes des acteurs du développement, il faut que ce rôle soit renforcé et que notre participation au développement économique des Etat membres de l’UEMOA devienne suffisamment visible, et que ce que nous apportons aux entreprises soit d’une efficacité telle que l’hécatombe que nous déplorons devienne rapidement un souci du passé et non un souci du présent et de l’avenir!

 

Un appel à l’endroit des clients de Canal Audit, à ceux qui vous font confiance à l’OECCA-Bénin et à l’Etat central Béninois.

Canal Audit, nous sommes un cabinet d’audit, d’expertise comptable, mais aussi de conseils. Audit et expertise comptable, c’est ce que la loi nous donne comme monopole. Le conseil, c’est toutes les autres prestations dont j’ai parlé tantôt. Nous les faisons à la satisfaction de nos clients. Il sied peut être d’ajouter que le conseil n’est pas assez développé dans notre espace. Le conseil c’est par exemple ce que nous pouvons vous apporter au niveau stratégique et au niveau développement international ; ce que nous pouvons vous apporter au niveau de la combinaison de l’intégration des différentes dimensions dans lesquelles vous êtes introduites entant qu’entreprise. Les contraintes environnementales sont nombreuses aujourd’hui. Le Nigeria ne reçoit plus les véhicules d’occasion en provenance du Bénin aujourd’hui, les produits congelés également. Nous avons des difficultés économiques au niveau international qui dépeignent sur nous. Les différentes crises qu’on déplore en Europe finissent par avoir des ramifications chez nous. Comment parer à tout cela, nous pensons qu’il faut aller sur ces dimensions de façon plus sérieuse et Canal Audit a fait cette option.

A l’Etat central du Bénin et des autres pays membres de l’UEMOA, nous dirons en tant que Ordre et Fédération, écoutez-nous  et soyez avec nous et le développement sera avec vous, car le développement économique est là où nous sommes.

Réalisation: Anicet TIDJO
Société