Yémaro Mika : Jaco Pastorius du Gongé
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Yémaro Mika : Jaco Pastorius du Gongé

Il a excellé à la guitare solo avant de passer à la basse. Panafricaniste, il fait vibrer aux notes d’un violon traditionnel qui intervient dans la musique des populations du nord du Bénin, du Niger, du Mali... Retour sur le parcours du ‘’Ayinonvi’’ de Parakou.

Par Nafiou OGOUCHOLA

Avahouin Yémaro Michael est né à Parakou, dans les années 70, d’un père originaire de Porto-Novo et d’une mère issue du nord. A Yarakinnin, dans les environs du marché Arzèkè, où il a grandi, Yémaro Mika a vécu une enfance heureuse entouré de ses frères et sœurs qui, loin de le dissuader de suivre les pulsions de sa passion pour la musique, l’ont accompagné à faire ses premiers pas. C’est par le biais de ces derniers qu’il pianota ses premières notes de guitare. En effet, « … j’ai une sœur, de 25 ans mon aînée, qui travaillait ses chansons à la maison. Quand elle finissait et sortait, moi je me mettais à faire les mêmes exercices qu’elle. J’ai un grand frère du nom de Jules qui était animateur. Il a demandé à un de ses amis guitaristes de m’initier à cet instrument, ce que ce dernier a fait. J’avais 13 ans », a renseigné Yémaro Mika. La passion pour la guitare et le sens du travail bien fait de l’enfant d’alors n’ont pas échappé à son environnement. Son entourage ne lui marchandait pas son soutien. « Mon feu père avait promis m’acheter une guitare si je réussissais à l’examen de passage au cours secondaire. Malheureusement, il est mort avant cet examen. Il aurait tenu sa promesse si Dieu lui avait donné le temps », a-t-il expliqué.

Après ces débuts, Yémaro Mika a intégré l’orchestre de l’église catholique de Banikani. Peu après, à 18 ans, ses amis musiciens et lui ont pris l’initiative de créer leur groupe. Fortement influencés par le mythique groupe de Parakou SAM 11 qui faisait des merveilles, le Jaco Pastorius du Gongé et ses amis ont créé Los Bravos. Dans ce groupe, des grands noms de la musique béninoise. Patrick Rufino en était bassiste, Médard Mensah batteur, Wilfried Landjohou pianiste. Yémaro Mika y officiait en tant que soliste. Deux années plus tard, le Porto-novien de Parakou, mû par le désir de l’aventure musicale est parti pour Niamey. A 2O ans, avec pour seule fortune sa guitare, Yémaro Mika s’est rapidement imposé. Ce qui a fait qu’il y est resté pendant huit ans. Mais ce séjour dans la capitale nigérienne l’a encore plus affecté. En effet, après avoir suppléé à l’indisponibilité d’un bassiste dans un autre orchestre de jazz, les membres de ce dernier (des béninois y figuraient) ont formulé le vœu de le voir faire chemin avec eux. Ce qui fût fait. C’est ainsi qu’il continua avec la guitare basse. De retour au Bénin en 98, il  a atterrit au Titanic Bar où une équipe expérimentée l’attendait : Rock Quenum était chef orchestre ; Guy Mapoko, pianiste ; Mensah Rufino, batteur ; Raissa Gbédji et Fafa Rufino étaient chanteuses comme Edou ; Waliou Moustapha, bassiste.

Panafricaniste tenaillé par le désir de valoriser la culture béninoise, Yémaro Mika ne s’est pas contenté des performances qu’il réalisait. En effet, comme il l’a dit : « Qu’est-ce que je vais prendre de chez moi pour ajouter ? Quelle signature africaine donner à la musique ? Ce sont ces questions qui m’ont rappelé qu’un de mes oncles jouait du Gongé à Guéssou. Je suis donc retourné le voir, en 2005, et il m’a appris à en jouer ». C’est ainsi qu’il joua, au Gongé, accompagné de son groupe, les premières notes musicales au concert d’Africa Fêtes à Cotonou en 2008. Depuis, Mika Yémaro travaille à la réalisation de son album qui sera bientôt prêt. Il est actuellement le chef orchestre d’un des clubs de jazz les plus huppés de Cotonou. 

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