Bénin/Entrepreneuriat: Antoine Bonou, un thaumaturge apolitique, mais influent
se rendre sur le site newsafrika.info
    
Entrepreneuriat:  Antoine Bonou, un thaumaturge apolitique, mais influent<

Remarquable par son teint bronzé et son élégance assimilable aux allures d’un Homme d’État,  Antoine Bonou, PDG de la société Bérec sait s’exprimer avec une douceur d’argumentaire modéré et très convaincant. Comparable aux politiciens béninois et d’ailleurs, de premier plan, de par son caractère influent, il est pourtant apolitique et n’entend même pas s’y mêler à l’avenir. Il se démultiplie depuis des années pour maintenir le cap pour la survie de sa société Bérec et de ses trois départements. Il a également à charge la coordination de Wémèwxé et sa responsabilité en tant que président de la Fédération béninoise de Handball. Il assume toutes ses charges en conservant sa sociabilité naturelle à travers son ONG, “Regard Fraternel“.

Par Anicet TIDJO

Natif de Dangbo, ville du sud-est du Bénin dans le département de l’Ouémé, d’un père menuisier, Christophe Bonou et d’une mère commerçante, Philomène Bonou, Antoine Bonou est né le 27 octobre 1959 à Dangbo où, il a fait ses études primaires et secondaires respectivement à l’École Primaire Catholique et au Collège d’Enseignement Général. Il a aussi fréquenté le CEG Ste Rita avant de finir son cursus secondaire à Abomey où, sa passion pour le Handball l’a amené et où, il n’a pas pu obtenir le baccalauréat, mais a pu accéder à la fonction publique, précisément au ministère béninois des Finances par le truchement d’un concours. Parallèlement à son statut de fonctionnaire d’État, il a fait des études supérieures de capacité en droit.

Ethnologiquement de Ouémè, M. Bonou s’est légalement marié et a des enfants à qui il enseigne sa toute première leçon de vie : “Défendre un nom“ afin de ne pas déraper dans la vie sociale ; afin de ne pas se faire compter parmi les indélicats, ni parmi les hors-la-loi. Sa culture religieuse catholique lui a naturellement inculqué le sens du partage et le goût au social quand bien même, il est parfois acculé. Son ONG “Regard Fraternel“ dont les partenaires sont italiens et américains est actuellement à pied d’œuvre pour construire un forage d’eau potable aux habitants de Gangban dans la Commune d’Azonwilissè.

Vie associative

Wémèwxé, ce rassemblement des fils et filles du département de l’Ouémé est miraculeusement né d’un rien du tout, selon le président Bonou. C’est à la sortie de la messe d’inhumation du célèbre Pasteur Adéyèmi qu’un petit a évoqué l’idée de fêter les retrouvailles des enfants de l’Ouémé. L’idée a pris et Antoine Bonou a été reconduit président deux fois consécutives à la tête du comité d’organisation et depuis huit ans, lesdites festivités ne prennent que d’ampleur.

Conciliateur par excellence, M. Bonou gère depuis lors, les différends au sein de ce regroupement ethnico social qui se réunit annuellement pour penser le développement de la région Ouémé. De même, pour la Fédération béninoise de handball dont il a pris les rênes et cumule plus de trois ans gestion et continue de les assumer, malgré les difficultés socioéconomiques que les jeunes handballeurs rencontrent au quotidien. Le président Bonou s’est lui-même initié au handball en classe de CE1 puis a intégré l’équipe départementale et nationale en classe de 4ème. Il est parvenu à la tête de cette fédération par passion et surtout par son sens d’humilité reconnu de ses pairs anciens joueurs également et bien d’autres. Il quantifie aujourd’hui le chagrin des présidents de fédération qui doivent mettre la main à la poche pour entretenir les joueurs et souhaite que l’État appuie lesdites fédérations. Il prépare actuellement avec les membres du comité exécutifs, la sélection pour participer au Challenge trophée.

Bonou, l’homme d’audace

Il doit ses 23 années de réussite à l’actif du Bérec à sa démission de la fonction publique après y avoir passé 14 ans entre le ministère des Finances et le trésor public. Bérec au départ était une petite entreprise de location de véhicules qui ne disposait que de deux voitures. Son parc contient aujourd’hui, une cinquantaine d’automobiles dont des berlines, des bus, des camions, des véhicules tout terrain qui desservent le Bénin et la sous-région ouest-africaine.

Il a ensuite élargi Bérec à la fourniture des équipements médicaux aux hôpitaux. Ce domaine dans lequel, il s’est spécialisé constitue de nos jours, le poumon de son chiffre d’affaires, soit 90% des recettes. Connu des institutions étrangères, dont la BAD, le FED, la BADEA, le Fonds Mondial, l’Unicef, Bérec postule aux appels d’offres nationaux et internationaux et est représenté en Côte d’Ivoire, au Burkina, au Niger, au Mali...Bérec est aujourd’hui une référence internationale en matière de fourniture, d’installation, de mise en service et de maintenance des équipements hospitaliers.

La manutention est la troisième activité que développe le promoteur Bonou au sein de Bérec et il entend s’installer dans tous les pays africains. La société Bérec emploie aujourd’hui 25 agents permanents et est actionnaire dans plusieurs sociétés africaines. Par ailleurs, des centaines d’agents contractuels et occasionnels concourent aux prouesses de Bérec qui a été lancé sur fonds propre du promoteur.

L’audace de démissionner de la fonction publique provient de l’idée du président Bonou, d’entreprendre et de finir avec le mystère révolutionnaire qui voudrait que les instruits finissent comme cadre de l’administration publique et non comme des entrepreneurs, pourvoyeurs de l’auto emploi. Son succès résulte à part entière de la patience qu’il sait prévaloir en tout agissement sans apparaitre comme un homme faible. Il exhorte à chaque occasion, la jeunesse d’aujourd’hui à la volonté d’entreprendre et à l’amour pour ce qu’on fait. Car, pour lui, l’honnêteté et la sincérité dans le travail payent toujours. Cependant, il déplore cette jeunesse qui abandonne ses études universitaires pour s’adonner prématurément à la politique et finit désœuvrée au sein de la couche sociale. Il dénonce cette jeunesse qui monte sur un tabouret pour grandir d’un seul coup. Il déteste cette jeunesse qui attend un pot-de-vin avant de faire son devoir ; celle qui garde les dossiers par devers elle et délibérément. En conséquence, son vœu pour cette jeunesse, incarnation de la haute corruption aujourd’hui, est que l’argent ne la détourne pas de l’objectif et qu’elle reste dévouée puis loyale afin d’assurer la relève.

L’homme haut de 1,80 m a été inspiré par le Français Gaveau Jean Michel. Sa détermination, son éloquence et son irréversibilité dans le secteur médical lui ont valu plusieurs prix dont, Quality Era Award 2008 de Century International, The Bizz award en Suisse, le Prix de la bonne humeur en 2014 à Paris, le prix Schiler qui est une grande marque pour tout et dont Bérec est le représentant, le prix Children Hospitol aux USA.

Antoine Bonou dit ne pas être différent des autres hommes et que tout ce qu’il réussit est l’œuvre de Dieu qui se manifeste dans chacun de ses collaborateurs. Il leur fait d’ailleurs confiance à divers niveaux pour se démultiplier afin de répondre efficacement au sein du Bérec, au sein de l’ONG “Regard Fraternel“, à la tête de la Fédération béninoise de handball et à la tête du comité d’organisation des festivités de Wémèwxé. Il ne se compare pas à une personnalité de la République par crainte qu’on lui attribue certaines aspirations politiques.

À cette ère où l’État béninois connait un changement de régime où, entre adaptation et ajustement, la morosité économique gagne du terrain, Antoine Bonou formule ses mots d’encouragements au nouveau président et son gouvernement sans oublier les milliers d’usagers et prestataires de l’administration publique. Son vœu pour son pays, le Bénin est que l’impunité cesse.

TAC

Société