Bénin: Moukaram Badarou évoque les fondamentaux devant réconforter la mise en œuvre du PAG
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Bénin: Moukaram Badarou évoque les fondamentaux devant réconforter la mise en œuvre du PAG

Acteur politique de premier plan en République du Bénin, Moukaram Badarou, l’ex-préfet des départements de l’Ouémè et du Plateau est intervenu lundi, dans une interview accordée à “NEWS AFRIKA“ et portant sur l’actualité sociopolitique et économique béninoise. Sans détour ni mystère, il a évoqué les fondamentaux susceptibles de  favoriser la mobilisation des fonds au profit de la mise en œuvre effective du Programme d’Acton du Gouvernement en place. Aussi, a-t-il soutenu que son Parti Conscience Citoyenne se porte mieux et faisant par ailleurs, allusion aux crises internes au sein de la RB et du PSD, il a indiqué que “le Président Talon ne peut qu’en profiter“

“NEWS AFRIKA“: Comment appréciez-vous le découpage territorial fait par le régime Talon et la lenteur observée sur l’affectation des ressources au profit de la mise en place et du fonctionnement des nouvelles préfectures ?

Moukaram Badarou : Il n’y a pas eu du nouveau en tant que tel. Mais il faut saluer le courage mis pour la mise en œuvre et qui fait qu’au jour d’aujourd’hui, les douze Départements ont leurs Préfectures. Mieux les Préfets concernés sont nommés et travaillent depuis un peu plus d’un an. Ça a permis de rapprocher un peu plus l’administration des administrés. Pour l’affectation des ressources, il faut déplorer le retard, mais les Préfectures ne sont pas les seules concernées. C’est une situation générale.

Le pouvoir en place peine à mobiliser les fonds pour la mise en œuvre du PAG et pour être réaliste, le budget exercice 2018 a considérablement régressé ; quelles thérapies pourriez-vous proposer aux gouvernants ?

La mobilisation des fonds n’a jamais été une chose facile. Comme vous le savez, nous n’avons pas le pétrole encore moins d’autres ressources minières. Fondamentalement, il ne reste qu’à améliorer l’environnement des affaires pour favoriser l’investissement ; aider l’éclosion du secteur privé ; créer et entretenir le lien de confiance avec les partenaires bilatéraux et multilatéraux ; renforcer la justice pour rassurer tout investisseur ; renforcer la sécurité des biens et des personnes ; maintenir et améliorer l’image démocratique du pays….Tout ceci mis en œuvre, devra faciliter la mobilisation des ressources au service du programme d’action du gouvernement. Tout budget doit être réaliste parce que les fais économiques sont têtus. Le manque de réalisme conduit au tâtonnement.

Votre point de vue sur la méthode de gestion énigmatique de Patrice Talon

Chaque Président de la République a sa méthode de gouvernance, le Président Talon a la sienne. Pourvu qu’on ait des résultats.

Quels intérêts a le régime en place dans la fragilisation de certaines formations politiques béninoises ?

Les Partis politiques au Bénin ont leurs propres problèmes internes. À ça peut s’ajouter la question de savoir, faut-il soutenir le régime en place ou non ? Ce qui crée de sérieuses contradictions dans les formations politiques. Naturellement le Président Talon ne peut qu’en profiter. Mais les problèmes sont plus profonds, et il faut aller au fonds des choses. J’appelle les acteurs politiques au ressaisissement.

Votre lecture des crises au sein de la RB et du PSD ?

Ces crises sont regrettables et je les regrette. C’est ce je viens de dire précédemment qui est la vraie cause de ces difficultés à quoi il faut ajouter les préparatifs des prochaines présidentielles.

Comment se porte le « Parti Conscience Citoyenne » et quelle est de nos jours, sa position sur l’échiquier politique national ?

Le Parti Conscience Citoyenne se porte bien et nous travaillons à ce qu’il se porte mieux. Nos positions sont connues et nous n’avons pas changé d’avis, si c’était le cas, on le ferait savoir.

Le PRD et Me Adrien Houngbédji sont visiblement proches du pouvoir en place, est-ce selon vous, un bon signe présageant d’un Bénin gagnant ?

Chaque Parti prend ses positions en fonction des réalités qui sont les siennes. Je respecte la position actuelle du Parti du Renouveau Démocratique.

Êtes-vous d’avis que rien ne va au plan socio-économique dans la République ? Si oui, sinon, pourquoi ?

Je suis d’avis que le pays traverse une grave crise socioéconomique. Le quotidien est très difficile pour chaque béninois. Mieux, nous vivons une crise des valeurs et le sens de l’intérêt général est souvent relégué au second plan. Nous devons en prendre conscience et travailler pour sortir la tête de l’eau. Le Bénin mérite mieux.

Y-a-t-il des imperfections dans les réalisations du régime Talon et qu’est-ce qui devraient être, ses priorités selon vous ?

La priorité doit être donnée à l’environnement des affaires ainsi qu’à limage démocratique du pays. Si les deux fonctionnent, le reste suit. Le Président Nicéphore Soglo en sait quelque chose.

Vos vœux pour ce pays en marge de ses 57 ans d’indépendance

Le Bénin doit renouer avec ses repères c'est-à-dire avec des valeurs morales, sociales, républicaines, le sens de l’intérêt général, le sens de l’égalité des chances. Il faut les périphériques pour les choses sérieuses où qu’on soit de quelque bord qu’on soit. Le Bénin est un et la nation béninoise une. Nous devons prioriser le Bénin dans tout ce que nous faisons. Les hommes passent, mais la nation reste. La vie des hommes varie de zéro à cent, celle des peuples de zéro à l’infini.

11- Votre appel ou mot de fin !!!

Mettons-nous au travail pour un Bénin qui gagne.

Réalisation : Anicet TIDJO

 

 

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