Bénin/alternance au sommet de l’Etat: 2028, peut-être
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Bénin/alternance au sommet de l’Etat: 2028, peut-être

Cotonou, le 20 septembre 2019 -[NEWS AFRIKA]- Le régime Talon au pouvoir au Bénin a pratiquement tout bouclé pour s’assurer sa propre succession en 2021 sous le regard perplexe et quasi inexistant d’une soi-disant opposition déboussolée politiquement qu’avide de leaders audacieux devant briguer la magistrature suprême.

Par Anicet TIDJO

L’Etat béninois de par sa Constitution du 11 décembre 1990, confère deux tâches ou fonctions fondamentales aux dirigeants du pouvoir: la sécurité des biens et des personnes et la redistribution de la richesse nationale ! De 2016 à nos jours, soit à 19 mois de la fin du mandat quinquennal du président béninois, on relève sur sa gestion, des prouesses assorties des différentes réformes initiées sur ces plans. Si la succession du président Patrice Talon doit être fait, selon ces deux indicateurs ajoutés au jeu politique actuel, il n’y aurait pas d’alternance au sommet de l’Etat béninois en 2021, mais en 2028 peut-être !  Car, le système en place aujourd’hui va se consolider au grand malheur des acteurs de l’opposition qui s’affaibliraient sur le coup du temps et du rythme d’adversité à eux imposé ! Sauf miracle de dernière minute pour faire échec à un éventuel dauphin de Patrice Talon en 2028.

Sécurités des biens et des personnes

L’avènement de la Police républicaine avec la fusion de policiers et gendarmes est le  premier acte positif qu’a posé le régime en place ! La conséquence directe de cet acte est la réponse efficace à certains maux comme la cybercriminalité presque réprimée au Bénin ; le rançonnement quasi inexistant sur les axes routiers ; la lutte contre le trafique des stupéfiants et les faux médicaments ; les divers sensibilisations conjointes du Centre national de la Sécurité routière (CNSR) et de la Police républicaine pour la réduction des accidents à travers le respect des couloirs de circulation, la limitation de vitesse et la détection des conducteurs en état d’ébriété ; le control périodique de l’état des voitures en circulation. A tout ceci, s’ajoutent la dotation des forces de l’ordre du matériel roulant et du nécessaire pour secourir les citoyens en difficultés et l’amélioration des conditions de vie et de travail des corps habillés afin que la loyauté et le patriotisme prennent le pas sur la corruption dans cette corporation.

Redistribution de la richesse nationale/Volet énergie électrique

Le régime Talon a relevé les défis de la disponibilité permanente de l’énergie électrique et du délestage zéro ; ceci à travers d’abord, l’acquisition des mégawatts complémentaires et progressivement, la finalisation hauteur de 107 Mds F CFA, des centrales thermiques de Maria Gléta qui désormais, réconfortent l’apport en énergie électrique. A-t-on appris qu’à moyen terme, le coût du kw/h sera revu à la baisse pour les populations béninoises

La voirie

Le régime en place a innové avec la réhabilitation des voies urbaines à travers la première phase du projet asphaltage qui prend en compte 660 km de route dans notamment neufs villes du Bénin: Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi, Bohicon, Abomey, Lokossa, Sèmè-Kpodji et Natitingou ; le tout pour un budget de 900 Mds F CFA. A ceci, s’ajoutent les grands projets de revêtement de certains principaux axes routiers réalisés et/ou en cours de 2016 à nos jours.

Le social

Le ministère béninois des Affaires sociales et de la Micro finance a mis en place un crédit à caution solidaire. En clair, toute demande de micro-crédit se fait par groupe solidaire de 3, 5, 7 … à  25 membres au plus. Pour la première phase, chaque demande de crédit est limitée à 50 000  FCFA pour un taux insignifiant de 8,5 % sur 6 mois. Quand un bénéficiaire prend 50.000 FCFA, elle rembourse 54.250 FCFA. Lorsque le bénéficiaire rembourse son premier crédit, il peut solliciter un montant plus important, mais limité à 100 000 FCFA.

Pour cette rentrée des classes, des enfants vulnérables, des personnes handicapées et autres ont reçu des kits scolaires et des enveloppes financières du Fonds d’Appui à la Solidarité nationale (FASN). Ces dons sont estimés à  80 millions de Francs CFA et s’ajoutent à ceux effectués, en août dernier à Parakou pour un montant d’environ 100 millions de Francs CFA.

Des fonctionnaires d’Etat, soit 2 476 en situation irrégulière, depuis 2007 ont été reversés en Agents permanents d’Etat ; ce faisant, le gouvernement béninois vient de régulariser leur situation. Il faut par ailleurs aussi relever toutes les réformes en cours pour renforcer le système éducatif béninois. Des exploits qu’on ne saurait élucider ici sont faits dans les secteurs, notamment agricole, sanitaire, entrepreneurial, culturel, du tourisme et de la lutte contre la corruption.

Le jeu politique

De la ruse à la rage, le régime Talon avec l’aide de la justice et surtout l’avènement de la Cour de la Répression des Infractions économiques et du Terrorisme (Criet) a pu évincer des leaders politiques de l’opposition béninoise. La même synergie juridico-politique a aidé à d’abord fragiliser les partis politiques comme la Renaissance du Bénin, le Pari social démocrate avant de les priver d’existence légale.

Des menaces, des interpellations, des intimidations, la diversion ont été ces stratégies mise en œuvre par le pouvoir pour obliger à l’exil, ceux qui se reprochent ou non des choses, dans leurs participations antérieures à la gestion du pouvoir d’Etat ; ou les résigner au silence, ou les sortir carrément de la politique, ou de leur faire faire son jeu sont les options secondaires imposées par ce tyran au slogan : “vous allez en souffrir, mais vous pouvez rien !“

La réforme du système partisan instaurée par Talon et ses hommes a ramené à une dizaine, les centaines de partis politiques qui existaient ; avec à la clé,  des restrictions délibérées quant à l’existence légale conformément à la nouvelle charte, de ceux qui se réclament opposants à son régime. Tout ceci à concourir à l’organisation en avril dernier, d’une législative exclusive pour la mise en place d’un parlement monocolore à la grande contrariété d’une opposition béninoise divertie, enchevêtrée sur trois années et demeurant toujours à la quête de stratégies de riposte.  L’entièreté des pros-talon auraient souhaité qu’il en soit ainsi pour la présidentielle de 2021 afin que leur leader se réélise à sa propre succession en toute facilité.

Le désintéressement de la réforme constitutionnelle pour après 2021

Les législatives passées constituaient ce coup d’essai: faire une élection sans la véritable opposition ; ce qui a marché et qui peut être à nouveau expérimenté en 2021 ! En conséquence, la promesse conditionnelle relative à la réforme constitutionnelle ne serait plus valable et tout le tord se ferait sur la 7ème législature qui a voté la non-recevabilité du projet. Le “on avisera“ du président Talon est le signe avant-coureur de son attachement au pouvoir au delà de 2021.  C’est d’ailleurs pourquoi, lui et ses hommes se sont désintéressés pour le moment puisque, le faire (la révision) après sa réélection en 2021 leur arrangerait le fameux mandat unique de 7 ans. La réforme constitutionnelle sera le projet à défendre à tout prix juste après la réélection de l’actuel président béninois. Ainsi, “le compétiteur né“ va accumuler 12 ans de règne -2016-2028- en mine rien, mais grâce aux erreurs liées de l’opposition qui ne fait que donner le bâton à son adversaire politique pour l’abattre en tout.

Le pouvoir en place tient les grands électeurs et s’évertue davantage à pourrir la vie à ses soi-disant opposants ; ce, depuis 2016 et rien n’indique que la donne se ferait changer d’ici peu ! Car, le peuple béninois s’habitue malgré lui à une nouvelle forme de gouvernance incarnée par un passage de force prodigieuse, mais érigée en règle pour l’heure et soutenue rationnellement que possible par son maître instigateur, Patrice Athanase Guillaume Talon qui affiche une sérénité absolue dans tous ses agissements. L’inexistante opposition béninoise peut ne pas trouver la stratégie de renverser démocratiquement ce système ; pourvu que le Bénin sorte tout gagnant à travers le développement escompté. C’est ce qu’il y a de mieux puisqu’ils ne sont ni dans un même combat, ni à arme égale : ils sont opposants à Patrice Talon et non à son système -guerre de personne- aucune confrontation d’idéologie ! Ce dernier lui, il a sa disposition les moyens de l’Etat dont l‘armée, la ressources financières pour entretenir les siens, la presse et autres, histoire de neutraliser davantage ses adversaires sur le terrain politique.

TAC

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