Bénin/Gouvernement Talon: plus destructeur que constructeur en un an de gestion !
se rendre sur le site newsafrika.info
    
Bénin/Gouvernement Talon: plus destructeur que constructeur en un an de gestion !

Patrice Talon et son gouvernement bouclent une année de gestion au sommet de l’État. À leur actif, peu de réalisations avec des suspensions diverses de contrat par décrets pris en conseil des ministres ; la remise au chômage d’une cohorte de citoyens par la fameuse “libération des espaces publics “ et la mise aux arrêts des vendeurs de faux médicaments ; le retrait du droit d’association aux étudiants, la suppression de plusieurs commissions…

Par Anicet TIDJO

Entre véritable prise en mains des rênes de la magistrature suprême et concrètes actions de développement à poser, Patrice Talon et son gouvernement ont opté pendant 12 mois pour la destruction tous azimuts, dans une démarche réformiste en déphasage avec les réalités socioéconomiques béninoises.

Les faits….

Les tous premiers citoyens qui ont subi les affres de l’amateurisme du pouvoir en place sont les opérateurs économiques qui ont des contrats de prestation avec l’État central ! Les engagements financiers ont été suspendus ! Plus de décaissement pendant huit mois avec à la clé, une multitude de résiliations de contrat. Par ailleurs, des agents non-permanents qui font preuve de leurs expertises à des postes stratégiques ont été virés sans aucune forme de traitement social à l’exemple de la direction des Services de Liaison et de la Documentation (DSLD) -le service des renseignements béninois- qui a été vidée à 95% de son personnel ; de même à la présidence de la République et autres. Or, aucune nation ne peut mieux tourner sans les renseignements ! Le régime Talon a maintenu cette direction inactive pendant 10 mois avec pour conséquence directe, “le dossier Ajavon“, le prototype et l’incarnation magistrale de l’amateurisme qui n’a fait honneur ni à l’État béninois, ni au régime Talon, encore moins à Ajavon, le faiseur du roi d’il y a un an !

Mai 2016, alors que toute la presse béninoise se vivifiait d’avoir contribué avec succès à l’accession au pouvoir de Patrice Talon, son gouvernement émet un communiqué attentatoire aux communications et publicités liant les médias à l’administration publique. Ces contrats ont été supprimés sans motif afin de limiter le pouvoir d’agissement de la presse locale pour avoir le champ libre pour commettre des balourdises dans la discrétion.

La suspension du contrat entre le Port autonome de Cotonou (Pac) et la société Solutions technologiques des transports du Bénin (STTB) est aussi arrivée tout banalement à l’instar de certains contrats du Groupe Bolloré avec l’État béninois. On note aussi la suspension arbitraire du contrat de Sécuriport LLC. Assez de résiliations de contrat caractérisent les exactions socioéconomiques du pouvoir Talon. Par ailleurs, plusieurs structures étatiques sont en processus de privatisation.

Le Bénin en terme de beauté, peut effectivement égaler à l’avenir, Rio de Janeiro, Venise, Paris ou encore Thaïlande, mais la catastrophe socioéconomique délibérée qu’orchestrent les acteurs en charge de l’opération de libération des espaces publics frise l’incertitude ! Certes, les villes concernées sont visiblement aérées. À Cotonou, un grand travail d’aménagement de ces espaces est attendu, mais rien depuis deux mois. Des milliers de commerçants, d’entrepreneurs, d’artisans et bien d’autres sont contraints à la misère dans cette affaire ! Les fonds pour aménager ces villes ne sont pas encore disponibles, mais ils se sont évertués à déguerpir les citoyens. Constat pour constat, on relève des installations mobiles et progressivement, lesdits espaces seront occupés à nouveau en attendant les moyens financiers pour cette politique d’aménagement. En clair, cette opération qui coûte des milliards à l’État béninois sera reprise au démarrage du projet.

Patrice Talon et son gouvernement remettent tout le Bénin en chantier tout comme s’ils disposent des moyens financiers et le temps matériel de pouvoir achever ces travaux. Détruire est l’œuvre la plus facile ! Il a fallu 12 ans  pour reconstruire le “World Trade Center“, les tours jumelles de New York victimes d’attentat terroriste, le 11 septembre 2001. 

Les “réalisations“ sous Talon

Pour avoir pris le pouvoir par adversité, Patrice Talon a fait justice en réintégrant les cadres brimés sous le régime défunt. Ainsi Pamphile Zomahoun a pris service à la DSLD des mains de Enock Laourou qui était allé le menotter, le samedi 23 février 2013 pour un présumé coup d’État en gestation ; Candide Azannaï a pris la tête du département de la défense pour avoir été la cible des hommes en uniformes, il y a quelques mois ; Pascal Irénée Koupaki, Adidjatou Mathys et autres qui ont rompu les amarres avec le régime Yayi ont été réhabilités.

S’agissant de ses affaires personnelles, Talon a très tôt normalisé la situation de toutes ses entreprises. Il est par ailleurs en passe de s’acheter un immeuble d’État pour son propre compte au moment où des directions publiques sont en location aux frais du trésor public.

Le régime a adopté le gré à gré comme principale forme de passation de marché en violation de la loi portant cadre juridique du partenariat public privé, notamment en ses articles 17, 19 et 20. Ces articles indiquent clairement que « les contrats de partenariat public-privé sont prioritairement passés par appel d’offres international ouvert et que le recours à l’entente directe est une exception dont l’usage répond à une triple condition, notamment l’absence de concurrence après appel d’offres ouvert international pour des raisons techniques, des raisons liées à la protection de brevets, de droits d’auteur ou d’autres droits de propriété intellectuelle ou des raisons liées à la protection d’autres droits exclusifs, l’obtention de l’accord de la Direction Nationale de Contrôle des Marchés Publics (DNCMP) et l’obtention de l’avis de la Cellule d’Appui au Partenariat Public-Privé (CAPPP). On comprend que tout est mis en œuvre pour favoriser les pro-gouvernementaux.

En somme, le régime Talon a fait un an en divertissant les béninois avec ces histoires de réformes sans tête ni queue. Des actes ont été pris sans réflexion profonde. Il a tergiversé  pendant huit mois pour finalement sortir un Programme d’Action du Gouvernement qui n’est rien d’autre que des idées assemblées et non un véritable programme qui comporte des projets réalisables. Ce régime avance des chiffres et des idées sans notion de mesure ; 2010 Mds de F CFA comme budget exercice 2017 ! L’expérience du pouvoir doit être autre que ce que Talon a fait avant le fauteuil présidentiel. Son génie a trop de limites !

Et les promesses sociales ?

Au point trois des cinq axes du “Nouveau Départ“, le candidat Talon promettait, rassurait de la protection sociale et le bien-être pour tous à travers notamment, la réorganisation de “notre système de santé à travers une meilleure formation des agents et l’instauration de normes, standards ainsi que de structures de contrôle“ ; la réduction  de “la précarité grâce à une politique de protection sociale (assurance maladie, retraite, accès aux crédits et formation) en particulier pour les petits entrepreneurs, les artistes, les artisans et les exploitants agricoles ; la mise en œuvre de “grands projets de développement urbain et de services sociaux (voirie et drainage des eaux pluviales, infrastructures routières, sanitaires, éducatives, sportives et culturelles) dans le cadre de partenariats Etat-Communes“ et l’investissement dans les énergies renouvelables et préserver notre environnement notamment à travers un plan national Climat, des usines de sachet biodégradables et une meilleure gestion des déchets ménagers et médicaux. Ces promesses ont été étoffées et réconfortées par d’autres inscrites dans le Pag en son point six, de petit un à quatre.

En un an, aucun pas n’a été franchi ! L’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes, la promotion de l’économie locale….. restent pour l’heure contemplatifs. Et pourtant, l’homme a su réunir autour de lui, des politiciens et experts qui font leurs preuves ici et ailleurs depuis des décennies. Il a unifié toutes les expériences depuis l’avènement de la démocratie au Bénin. Tout ça au service d’une destruction sans épilogue. L’urgence pour Talon de nos jours, est de quémander à nouveau la confiance que le peuple lui a très tôt retirée ! Pour quoi faire ????

TAC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Politique