Politique béninoise: Ajavon doit faire école
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Politique béninoise: Ajavon doit faire école 

À la lecture de la vie sociopolitique plaintive que mène Sébastien Ajavon, il est observable une ascension politique qui devance très largement sa maturité dans ce domaine. En conséquence, l’homme doit apprendre la philosophie des Hommes d’État.

Par Anicet TIDJO

Le président d’honneur de l’Union sociale libérale (USL), Sébastien Ajavon croit antérieurement avoir fourni, l’effort méritoire pour accéder sous forme de deal à la magistrature suprême. Cependant, il lui faut d’abord et avant tout, savoir qu’en son année de gloire politique, 2016, le contexte sociopolitique béninois était carrément autre et le peuple a délibérément sanctionné Boni Yayi qui tenait à passer à tout prix, le témoin à Lionel Zinsou ! En clair, on a déduit de cette expérience que les béninois ont voté contre Boni Yayi et non contre le candidat Lionel Zinsou.

Si cette expérience devrait politiquement cultiver Ajavon, il serait bien placé de mieux comprendre qu’il a été utile de façon circonstancielle à la politique béninoise pour laquelle son intervention a résolu un problème précis et urgent d’alternance au sommet de l’État ; “coalition de la rupture “. Du coup, il devrait d’avance présager que 2021 viendrait aussi avec son contexte spécifique et qu’il peut ne pas être l’homme de la situation ni du moment. Pour preuve, à la veille de 2016, les regards des béninois étaient orientés sur d’autres acteurs politiques –GGR, PIK, ABT, Mathurin Nago, Fernand Amoussou, Aké Natondé…- quand des noms inattendus –Lionel Zinsou, Sébastien Ajavon, Patrice Talon- sont venus renverser la tendance et les anciens et traditionnels aspirants au fauteuil présidentiel ont été relégués au second rang pour faire avec les nouveaux leaders incontournables du moment.

ASG, un mauvais élève !

Si c’était le parti politique qui faisait gagner le pouvoir au Bénin, Me Adrien Houngbédji aurait été au moins une fois président de la République ! Les présidents de la République que le Bénin ait connu de l’avènement du renouveau démocratique à nos jours -Soglo, Kérékou, Yayi et Talon- sont venus au pouvoir sans parti politique. Ajavon Sébastien Germain est rentré dans l’histoire politique du Bénin sans parti, mais grâce à son pouvoir financier et surtout grâce à la réponse à l’adversité que brandissait Boni Yayi contre les opérateurs économiques nationaux. En créant sitôt l’USL, Ajavon donne le bâton pour se faire abattre. Car, sa maturité politique n’est pas à la hauteur de la charge qu’on veut lui porter sous la bannière d’opposant au régime talon.  Boni Yayi, Nicéphore Soglo et tous ceux qui n’ont pas les couilles d’affronter Talon et son régime donnent caution morale à Ajavon afin qu’il tienne tête à son allié d’entre temps.

Si la politique béninoise était une affaire d’union large, l’Union fait la Nation et son candidat Adrien Houngbédji n’aurait pas été battu par K.O en 2011 par Yayi Boni. En clair, il faut aller en union par nécessité tenant compte du contexte du moment ; coalition de la rupture. Aussi, Ajavon n’a pas besoin d’avoir son propre parti avant de se lancer dans la course de 2021, si les principes traditionnels n’ont pas changé. Ce parti appelé USL jonché de rescapés politiques et surtout de nécessiteux ne fera pas certainement le bonheur du roi de la volaille qui est désormais appelé à gérer plus de situations individuelles que collectives. Il y a une guerre de personne ouverte entre Ajavon et Talon, mais le premier est trop tenté de transcender cette affaire sur le terrain politique ; c’est de la politique, mais pas celle qui résout les problèmes d’une Nation.

L’affaire cocaïne et les divers redressements fiscaux pour lesquelles Ajavon crie à l’acharnement politique dont il est victime réconfortent sa position. S’il était un bon élève, il se priverait de mener une vie plaintive sur ces dossiers ! Tout ce que le régime Talon fait de mauvais est bénéfique à Ajavon s’il aspire réellement gouverner le Bénin dès 2021. Si les deux restaient alliés politiques jusqu’en 2021 ASG ne peut pas gagner les élections puisque Talon finira impopulaire s’il ne corrige pas sa méthode de gouvernance imbibée de réformes capricieuses, sa culture de diversion, ses intimidations et chantages politiques. En clair, Talon rend service à Ajavon ; il lui facilite l’accès au pouvoir tel que Yayi en son temps, le lui -Talon- a fait par le truchement des affaires dites d’empoisonnement et tentatives de coup d’État.

Si ASG devait être un bon élève, il parlerait moins, se fierait plus à la justice de son pays et surtout devrait maintenir le suspens sur son intention politique pour 2021. Car, celui qui est au pouvoir aujourd’hui est longtemps resté dans l’ombre des présidents béninois et autres africains. Et c’est pourquoi Amoussou Bruno, Adrien Houngbédji, Mathurin Nago, Issa Salifou et autres ont choisi de faire sa politique que ferait également le vieux Soglo, s’il n’y avait pas en jeu, le dossier Léhady. Ajavon et l’USL feront le point en 2019, s’il faut continuer ou non à faire la politique sans tirer leçon des expériences passées et démocratiquement vaincre Talon qui gouvernait ce pays, des décennies avant de prendre le pouvoir en son nom propre.

Vaincre en politique est synonyme de culture de la patience hors norme. Or, l’homme fort de Djeffa détient le record national des réactions politiques dépourvues de la patience et ne se fait pas prier afin de livrer publiquement son état d’âme personnel. Ce qui le différencie des Hommes d’État. Du coup, il cumule encore quelques erreurs corrigibles ; lesquelles sont susceptibles d’égaliser la balance entre sa maturité politique et son ascension politique pour qu’il soit un politique au complet.

TAC

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